Wave dans le monde 

Un projet imaginé et produit par BNP Paribas

BionicoHand

Une prothèse de main bionique open source

Un projet initié en 2013 à Rennes

Porté par l’association My Human Kit, BionicoHand est un projet de prothèse myoélectrique améliorée (poly-digitale), destinée aux personnes handicapées de la main afin de retrouver une autonomie au quotidien (vie sociale, vie professionnelle, transport…). Entièrement open source, imprimée en 3D, la prothèse que développe Nicolas Huchet et son équipe de passionnés se distingue surtout par son faible coût de fabrication, qui tranche avec les dizaines de milliers d’euros nécessaires dans le commerce « traditionnel ».

En août 2014, Bionico Hand était présent au Geek Picnic de St Petersbourg (Russie). De gauche à droite, Thomas Meghe, Nicolas Huchet, Elena Anfalova. ©Thomas Mortier

En août 2014, Bionico Hand était présent au Geek Picnic de St Petersbourg (Russie). De gauche à droite, Thomas Meghe, Nicolas Huchet, Elena Anfalova. ©Thomas Mortier

Bionico Hand à la Maker Faire de New York, le 20/09/14. © Richard De Logu

Bionico Hand à la Maker Faire de New York, le 20/09/14. © Richard De Logu

Les élèves du lycée technique de Cesson-Sévigné (35) participent à la fabrication de la main. © Miguel Templon

Les élèves du lycée technique de Cesson-Sévigné (35) participent à la fabrication de la main. © Miguel Templon

L'équipe est mouvante et comporte une dizaine de personnes (handicapé, ingénieur, étudiant...). Ici, en juillet 2014, à l’Ecole des Beaux Arts de Rennes. © Thomas Mortier

L'équipe est mouvante et comporte une dizaine de personnes (handicapé, ingénieur, étudiant...). Ici, en juillet 2014, à l’Ecole des Beaux Arts de Rennes. © Thomas Mortier

« Le vrai changement, c’est l’accès aux outils numériques. Chacun peut apprendre s’il le souhaite.  »

Historique du projet

Amputé de la main droite à 18 ans, après un accident du travail (2002), Nicolas Huchet est équipé depuis d’une prothèse myoélectrique (pince en opposition) dont les fonctionnalités restent très limitées. Le jeune rennais sait qu’il existe de nouvelles prothèses dites « poly-digitales », mais il en connait aussi le prix exorbitant, non remboursé par la sécurité sociale… Il découvre le fablab de sa ville en octobre 2012 et demande aux makers du LabFab s’il est possible de fabriquer une main robot. Ils l’écoutent et le prennent au sérieux, avant de lui parler plus en détail de l’impression 3D et de l’open source (Arduino, Thingiverse, InMoov…).

Un monde entier s’ouvre devant Nicolas. Il prend conscience du pouvoir des citoyens de changer les choses. Encouragé par son entourage, il lance BionicoHand en février 2013. Son idée, c’est de faire profiter de cette technologie d’autres personnes handicapées, en France mais aussi dans les pays plus défavorisés. Pour faire bouger les choses, il s’intègre à des projets de recherche et développement à l’Université Johns Hopkins (Washington) ainsi qu'au centre Bio Robotique de Pise (Scuola Superiore Sant´Anna).

En octobre 2013, la Maker Faire de Rome, un des grands rendez-vous des bidouilleurs en tous genres, récompense BionicoHand et lui offre véritablement une envergure internationale. Le projet sera aussi distingué à San Francisco, Paris et New York. Quelques semaines plus tard, en janvier 2014, l’association My Human Kit est créée, pour donner un statut juridique au projet et ainsi pouvoir obtenir des financements et collaborer davantage avec d’autres acteurs (universités, centres de recherche…). Désormais entouré d’une dizaine de personnes, Nicolas Huchet rêve de développer davantage BionicoHand, pour pouvoir changer encore davantage son futur et celui des autres personnes amputées de la main.

+10
personnes travaillent sur le projet
75
personnes sur les 300 amputées de la main chaque année en France choisissent une prothèse myoélectrique
200€
le prix moyen du prototype open source contre 30 à 70000 € dans le commerce, sans remboursement de la sécurité sociale
« BionicoHand doit encore trouver un modèle économique pour financer la recherche et développer des actions, comme des missions humanitaires.  »

Interview de Nicolas Huchet, créateur

Comment fonctionne une main myoélectrique ?

C’est une main électrique commandée par des capteurs musculaires. Un peu à la manière d’interrupteurs, ils transforment les contractions des muscles en commande pour contrôler la prothèse. L'électricité produite est envoyée vers une carte électronique, qui commande les moteurs. Ces derniers ouvrent ou ferment la main, suivant la contraction musculaire.

Qu’est-ce qui vous motive ?

Ma première motivation, c’est d’abord d’améliorer ma situation. J’ai une prothèse depuis 12 ans et je sais qu’aujourd’hui, leurs progrès sont énormes et permettent quantités de mouvements. Sauf qu’elles sont hors de prix. Je veux faire tomber cet obstacle-là. Au-delà de mon propre cas, j’ai envie d’aider ceux qui n’ont pas accès à cette technologie, en France et à l’étranger. Je dois le dire : cet engagement donne un sens à ma vie et à mon accident en plus qu’il me permet d’assouvir ma passion de la technologie…

Et quels sont vos projets à venir ?

Avec My Human Kit et d’autres makers impliqués, j’aimerais trouver des sponsors ou lancer un crowdfunding pour monter un handilab, c’est-à-dire un lieu dédié aux projets de santé (prothèses auditives, lunettes, sonar…). Mais ce sont des domaines hors de mes compétences ! Les prochains mois seront aussi consacrés à l’élaboration du modèle économique de BionicoHand, car en l’état, je n’ai pas réellement les moyens de le développer.

Flora Clodic-Tanguy

« Maintenant que j’ai réussi à améliorer ma situation, j’ai envie de partager les privilèges. »

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