Dakar 

Un projet imaginé et produit par BNP Paribas

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La soirée Makers de WAVE Dakar

La soirée Makers de WAVE Dakar

L’exposition Wave, quand l’ingéniosité collective change le monde à Dakar, c’est fini. Mais que de belles rencontres. Le clou, a été la soirée des makers qui a permis de mettre sous les feux de la rampe des makers méconnu de la plupart des sénégalais. Ils ont créé des machines à charbon, des poubelles intelligentes, des générateurs électriques intitulés sobrement Made in Sénégal.
Partons à la découverte de ces makers.

A l’entame de cette soirée, Karim Sy de Jokko labs a fait une présentation du monde des makers. Les makers sont des bricoleurs aux profils variés. Ils ont, bien avant les fablabs, mis à profits leur savoir, leur ingéniosité et leur sens du partage pour tenter de réaliser des prototypes ou projets qui répondent à des défis locaux, en lien avec des problèmes sociaux, environnementaux, économiques…

 

Megué Thiam est le premier à se lancer. Il a fait rire, a surpris et ravi. Comme il aime le rappeler, il n’a pas fait de longues études. Il n’a pas le bac. Il est électro mécanicien de formation. Il a créé des machines, tout le temps créé des machines. Il en a perdu le nombre. Surnommé Thiamass, il a créé une couveuse automatique, une machine d’emballage automatique. L’une de ces dernières machines qui fait de la  mise en bouteille lui a couté plus de deux millions etc. Il fabrique des robots avec des matériels de récupération parce qu’il n’a pas les moyens d’acheter le matériel neuf. Et ça fonctionne. Alors, si quelqu’un a besoin d’une machine, il explique ce dont il a besoin à Thiamass qui crée ou qui conseille. L’ingenieur est altruiste. Il se fait payer parfois non. Comme il le dit fièrement, s’il avait des préoccupations bassement matérielles, il serait devenu millionnaire aujourd’hui. Il appelle toutefois les autorités sénégalaises à les impliquer, car il est convaincu qu’il a un rôle à jouer pour le développement du Sénégal.

 

Sa présentation a été suivie par celle de Jean Goepp, Fondateur de Nébeday. Avec des femmes en milieu rural, il a créé la machine à fabriquer le charbon de paille. Ce charbon est une alternative à celui fait à base de bois. C’est une alternative qui valorise et protège les populations rurales qui font face à la désertification galopante, aux feux de brousse entre autres. Les populations visées ont toutefois du mal à s’approprier ce charbon qui a une combustion plus lente, ne fume pas, ne fait pas de flammes ou d’étincelles. Dix tonnes ont été produites, mais seul six ont pu être vendu. La procédure de fabrication est bien maitrisée mais les consommateurs veulent que ce charbon de paille fonctionne comme le charbon de bois. A Kaolack, certaines femmes ont pris le temps de se l’approprier. Un spécialiste des biocombustibles a travaillé à augmenter la puissance. Des réflexions sont en cours pour rendre le produit plus attractifs.

Le projet de charbon de paille a été pris comme exemple pour expliquer l’initiative RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Philippe Barry qui est le président fondateur de cette initiative estime que certaines entreprises, dans le cadre de la RSE, pourraient mettre la main à la pâte pour soutenir le marketing social du charbon de paille.

Autre innovation qui a accroché le public, le Cinécyclo de Cinécyclo Sénégal. Cet organisme veut faciliter l’accès au cinéma dans des contrées reculées du Sénégal qui n’ont pas souvent accès à l’électricité. Ils ont mis en place un générateur électrique sobrement appelé Made In Sénégal. Iba Dione a fait la présentation du concept. L’électricité serait produite par le vélo. Ce générateur peut avoir un usage domestique. Les recherches se poursuivent pour améliorer le concept.

 

Le co-fondateur du fablab defko ak nieup, un togolais a présenté l’imprimante 3D (lire l'article à ce sujet). Une imprimante réalisée à partir des matériels de récupération. L’expérience a été faite au Togo avant d’être reprise au Sénégal à Kër Thiossane.

Mandiaye et Alioune Badara Mbengue sont deux jeunes, à peine majeurs qui ont mis en place l’application Mb@l-IT ( poubelle en wolof). Ils ont réfléchi à une application mobile qui permet de localiser les différentes poubelles dans un quartier. Elle permet de savoir si la poubelle est pleine. Les éboueurs seront prévenus du moment où ils devront faire la collecte et quels types de déchets ils vont collecter. Pour la mise en œuvre du projet, un suivi a été offert par l’Organisation Internationale de la Francophonie. L’Unité de Coordination et de Gestion des Déchets Solides (UCG) accompagne le projet et l’école polytechnique de Dakar réalise le prototype qui va être présenté à Cop21 le 26 novembre prochain.

 

Cette initiative a suscité l’adhésion d’Amy Mbengue qui a mis en place une unité de revalorisation de déchets plastique. Cette unité promeut un système économique et industriel sobre. Dénommée Ecobag, elle collecte et transforme des déchets plastiques (durs) en broyats ou granulés commercialisés au niveau des industries plastique. Ensuite, il y a une phase de développement qui tend vers la production de produits finis tels que ; des mobiliers urbains (bancs publics), des sacs biodégradables, des mobiliers de jardins, des séparateurs, des balises, et vers la transformation de toute autre matière recyclable à l’exemple du papier, des pneus, du métal. Elle a participé à la soirée des makers avec l’objectif de nouer des partenariats avec des entreprises, collectivités locales entre autres.

 

Lors de cette soirée, le représentant de l’ISEP (l’institut Superieur d’Enseignement Professionnel de Dakar et Diamniadio) s’est réjouit de la capacité, la dextérité et l’ingéniosité des makers. Cheikh Thiam a fait savoir que l’innovation et la création numérique à travers les activités Fablab sont au cœur du dispositif des enseignements apprentissage de l’Isep 2D.

 

Au vu de la clarté des communications, le public avait hâte que la rencontre se termine pour des échanges de contacts et des discussions plus poussées sur l’ensemble des innovations présentées. Avec en fond sonore le vendredi slam et Red Lion, les échanges se sont poursuivis dans les jardins du musée Théodore Monod de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire.

Oumy Regina Sambou
 
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