Dakar 

Un projet imaginé et produit par BNP Paribas

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Les Makesense Room de Wave Dakar

Les Makesense Room de Wave Dakar

Entreprendre, une question de volonté !

C’est la principale leçon à retenir des MakeSense Room qui ont clôturé la journée entreprenariat social. Huit porteurs de projets à vocation sociale ont bien voulu partager leur expérience avec l’accompagnement musical de la chanteuse Kya Loum et Sarro Sar.

Dans les jardins de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN),  Adama Kane de Jokko Santé, Frederic Gibert de Study Enjoy, Yann le Beux du Ctic et Moctar Cissé de Jotaliko ont été les premiers à tenter de répondre aux questions relatives aux solutions pour innover avec peu de ressources  et aux accompagnements pour passer à l’étape supérieure après la création. Ils ont parlé des motivations qui les ont poussés à mettre en place leur entreprise sociale, révélatrices de leur volonté de faire bouger les lignes là où les Etats peinent à mettre en place des politiques viables.


C’est ainsi qu’Adama Kane et son épouse ont décidé de mettre en place une boite à pharmacie communautaire. Ils ont fait le constat qu’ils ont plus de 150 euros de médicaments dont certains n’ont pas été utilisés. Avec l’aide d’amis pharmaciens et médecins, ils vérifient le bon état des comprimés avant de les remballer pour qu’ils soient utilisés par ceux qui en ont besoin. Il n’est pas nécessaire de débourser de l’argent. C’est un système de point via les portables qui permet de bénéficier de cette boite à pharmacie. Cette initiative a été primée par l’African Entrepreneurship Award 2015, sponsorisé par la banque BMCE Bank of Africa, comme le meilleur projet africain dans un domaine inexploré et pour la protection de l'environnement. Elle a aussi reçu le Certificat "Recognition of Excellency" décerné par l'Union Internationale des Télécommunications. Aujourd’hui, les populations adhèrent de plus en plus à l’initiative. Dans le cadre de la responsabilité sociale d’entreprise (RSE), des sociétés au Sénégal font des dons de médicaments entre autre.
Autre entreprise, Study Enjoy de Fréderic Gibert avec en toile de fond toujours cette volonté de trouver la solution miracle qui va changer la vie d’une certaine catégorie de personnes. Ici, il s’agit des étudiants. Fréderic Gibert raconte que c’est le fils d’un des Co-créateurs de la start up qui a eu un problème de logements quand il lui a fallu changer de villes dans le cadre de ses études. La formule retenue : l’étudiant met son logement à la disposition de Study Enjoy qui lui trouve un logement ailleurs et vice versa. Lors du hold up d’idées qui a eu lieu samedi dernier, il s’agissait pour Study Enjoy d’enrichir son parc de 15 000 logements d’ici la fin Décembre 2016. Lors de ce MakeSens Room, Fréderic Gibert a révélé qu’avec ses partenaires, ils ont été naïfs au départ. Mais aujourd’hui, ils sont en quête de partenaires pour agrandir leur start up. Et le hold up d’idées a permis à Frédéric Gibert qui a gagné le concours Wave à Nantes d’avoir de nouvelles suggestions à faire à ses partenaires pour que Study Enjoy puisse aller au-delà de la France, de l’Europe même.
Yann Le Beux du Ctic Dakar a parlé de sa structure qui affiche la claire volonté de soutenir les entreprises qui se basent sur les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). La vision de Ctic, c’est d’être le premier catalyseur de croissance pour les PME TIC d’Afrique de l’Ouest.  A ce jour, après quatre ans d’existence, ils ont soutenu environ 75 entreprises. Le secret dans l’entreprenariat c’est d’y croire, d’avoir de la volonté et un modèle économique viable. Voir son projet rejeté par des partenaires ne doit pas décourager. Il faut toujours repousser les limites et aussi ne pas s’attacher à certains honneurs. Une entreprise peut réussir sans pour autant amasser des prix ou gagner des concours comme c’est le cas pour Jokko Santé.
Une autre initiative sociale, qui pour le moment ne génère pas de profits, il s’agit de Jotaliko (transmets en wolof) de Moctar Cissé. Un dynamique entrepreneur qui a eu cette initiative suite à un constat : au moment où à Dakar il y avait le premier cas d’Ebola, dans son village, les populations n’avaient pas les informations nécessaires. Jotaliko est une application qui crée des liens entre les gouvernements, les acteurs sociaux engagés dans des initiatives de développement local et l’ensemble des citoyens à l’aide d’un téléphone cellulaire, indépendamment de leur zone de vie et de leur niveau d’éducation formelle. Une application reconnue d’utilité publique. Elle a remporté le prix coup de cœur du jury au Green Startup Challenge et a fait partie des trente derniers finalistes au Global Entrepreneur Summit 2015. Aujourd’hui, Jotaliko vit grâce aux recettes d’une autre entreprise portée par Moctar Cissé qui ne se préoccupe pas de profits, mais de comment venir en aide aux populations de l’arrière pays pour qu’elles aient accès aux mêmes infos que les citadins.
Ces prises de parole ont été ponctuées par les prestations de Kya Loum, une jeune chanteuse sénégalaise qui a déjà eu à participer à des compilations comme Ndadje de Henguila (Henry Guillabert). Elle assure souvent des prestations live dans certains restaurants, hôtels et bars de Dakar. Elle avait gagné le concours music Explorer et devait signer pour un album avec le label Tôt ou tard. Le projet n’a pas abouti parce que Kya n’a pas voulu se conformer aux desideratas du producteur. Pour elle, ça aurait été trahir sa musique. Elle continue son bonhomme de chemin et annonce la sortie de son premier album pour bientôt. En attendant, au Mks room, elle a présenté son nouveau single intitulé Yobalema (emmène-moi avec toi en wolof) en featuring avec Sarro Sar.


La Chanteuse Kya Loum


Sarro Sar est l’artiste qui a ouvert en musique la deuxième session du Mks room. Le projet artistique du chanteur, décliné par son manager, est de mettre la bonne musique à la portée de tous les publics, pas seulement de ceux qui ont les moyens de payer pour participer à des concerts. C’est ainsi qu’ils ont organisé des concerts publics un peu partout à Dakar. Ils travaillent en collaboration avec le promoteur de Yengouléne. La musique de Sarro se situe selon les critiques, au confluent des genres comme l’afro, le folk, le jazz et l’acoustique pour ne citer que ceux là.

Sa musique a introduit le deuxième panel composé par Fatou Sow Sarr, maitre de conférences à l’Ifan, Coumba Touré de Ashoka Sahel, Bagoré Bathily de La laiterie du Berger, et Moustapha Guirassy président fondateur de l’Institut Africain de Management.
Ce dernier en a ému plus d’un avec son discours dans lequel il a avoué que la mort de son père a été le déclic pour qu’il en arrive là où il est. Après ses études au Canada, il devait rentrer au Sénégal et prendre fonction dans le poste que l’aura de son père lui avait déjà préparé. Son père qui était une grande personnalité politique. Mais le destin en a décidé autrement. Ce père mourut et le jeune Guirassy perdit tout du jour au lendemain. Une chance inouïe, se dit il rétrospectivement. Il devint professeur dans un petit institut d’enseignement supérieur. Il gagnait 20 000 à 25 000 par mois. Une somme avec laquelle il a acquis une 205 poussive. Les fondements de l’Institut Africain de Management, c’est 2000 frs. Au départ, l’institut faisait seulement du management mais de plus en plus une attention toute particulière est accordée à l’entreprenariat social. Pour Moustapha Guirassy, il faut un retour à nos valeurs traditionnelles. Des valeurs qui ont déviées aujourd’hui. L’ingéniosité collective, c’est d’abord une histoire d’amour entre humain qui donne naissance à la passion. Et avec la passion, il est possible de changer le monde.


Moustapha Guirassy et Coumba Touré d'Ashoka


Ce que fait Bagoré Bathily de la Laiterie du berger qui fabrique le yaourt Dolima. Vétérinaire de formation, il s’est dit que son travail est inutile quand les bergers ont du mal à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Et l’idée de la laiterie du berger est venue comme un accident. Il a permis aujourd’hui aux éleveurs de recevoir environ un milliard en vendant du lait pendant quelques trois années. Les trois ans d’avant, ils produisaient presque autant de lait mais ils n’étaient pas valorisés.  Bagoré Bathily considère qu’il ne faut pas avoir peur de se faire doubler. Le gars qui a peur qu’on lui vole son idée, n’a pas assez peur de ne pas réaliser son idée. Donc, il faut toujours y croire, et trouver des partenaires fiables. Il a eu la chance d’avoir bénéficié d’un prêt de 300 millions de la part de la Bicis.
Coumba Touré de Ashoka Sahel est une ‘’Changemaker’’ et artiste. Elle a évoqué les multiples programmes soutenus par sa structure qui se fixe comme objectif de favoriser une répartition équilibrée des richesses, des savoirs et des pôles de décisions. Comme mentionné sur leur site internet, Ashoka cherche, à travers ses programmes, à insuffler - à tout porteur de projets - le pouvoir de croire en son idée pour en faire un outil pérenne de changement social. L’écrivain qui a travers  ses écrits éveille l'imagination et le renforcement de la citoyenneté chez les enfants, s’intéresse beaucoup à la question des femmes. C’est tout le sens de son projet dénommé les Géantes Invisibles qu’elle organise tous les troisièmes dimanches du mois au monument de la renaissance. Pour Coumba Touré, les femmes sont aussi des vecteurs de changements, très actives mais leurs actions sont peu valorisées. Elles les valorisent et les fêtent en grandes pompes, et s’engagent à les soutenir dans la réalisation de leurs projets. Des projets à saluer, comme celui que Fatou Sow Sarr a présenté lors du Hold up de la journée de samedi et qu’elle a évoqué lors du Mks room.
La sociologue veut mettre en place des exploitations maraichères biologiques dans les écoles dakaroises. Grâce au hold up, les ressources humaines ont été trouvées et le business plan élaboré. Ce projet porté par le Rasef (réseau africain pour le soutien aux femmes en entreprenariat) veut autonomiser les femmes entrepreneurs, mais aussi développer l’esprit d’entreprenariat chez les enfants. Des enfants qui doivent être vecteurs de changements. Ainsi, ils vont être sensibilisés sur les questions environnementales.
Des échanges fructueux, très appréciés par un public assez éclectique. Le Mks room s’est poursuivi dans les jardins du musée Theodore Monod autour d'un cocktail.


Le prochain grand rendez-vous de Wave à Dakar, c’est ce vendredi 13 novembre et le Made In Dakar sera à l’honneur !

 

Oumy Regina Sambou
 
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