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Vous savez bien que c'est un étrange moment

Vous savez bien que c'est un étrange moment

C'est par une keynote de Gibus de Soultrait, journaliste et surfeur, fondateur de Surf Session Magazine, et de Benjamin Bhöle-Roitelet, fondateur d'Ekito, que s'est conclue la semaine #WaveToulouse, face à un public d'étudiants. Le surf, une philosophie, mais aussi la meilleure école pour entreprendre ? 

 

 

 

Benjamin Bhöle-Roitelet :

 je ne viens pas du surf, mais je m’occupe d’un accélérateur de start-up. Je fabrique des entreprises et des entrepreneurs. Et je crois que le surf, comme l’art, peut être un réservoir d’entrepreneurs. Les surfeurs organisent leur vie autour de leur passion. Ils sont mobiles. Et pour entreprendre il faut ne pas avoir peur. Aujourd’hui on starifie les entrepreneurs, mais ce qu’on oublie souvent c’est le facteur chance. Un entrepreneur qui réussit c’est d’abord par chance. Comme avec le surf, il faut avoir la bonne vague. Etre au bon endroit pour bien la prendre. Mais après il faut aussi savoir la prendre.

 

 

Gibus de Soultrait :

j’ai 58 ans et je surfe depuis l’âge de 10 ans. Je suis journaliste et surfeur. J’ai crée Surf Session en 1986. Et j’ai aussi conservé mon travail de démarche intellectuelle autour du surf. J’ai étudié l’espace, le mouvement , le rythme" 

 

 

Le surfeur vit de la rareté. On ne prévoit pas les vagues. On est sur une ressource précaire et aléatoire. Et c’est intéressant d’étudier comme la communauté des surfeurs gére cette rare ressource. Quand il y a 30 surfeurs dans l’eau, il n’y en a qu’un qui surfe la vague. Le surf apprend à gérer la frustration. Mais grâce à la mobilité, au déplacement des surfeurs, des vagues, on va finir par être dans le rythme. Et prendre la vague. La fin en soi c’est d’être dans le mouvement. 

 

 

 

J’ai travaillé dans 2 secteurs, la presse et le surf où j’ai assisté à des croissances et des extinctions. Le surf est parti d’un monde marginal puis est devenu un business. Le textile, la mode surf, ont décollé. Une ascension tout à fait originale, aucun autre sport n’a connu ça. Et puis ça c’est effondré. Ils ont eu un raisonnement trop capitaliste, en oubliant leurs valeurs de départ, comme l’environnement. Dans la presse, internet et sa gratuité ont détruit notre modèle économique. Avant, les photographes de surf gagnaient bien leur vie. C’est aujourd’hui une profession qui ne peut quasiment plus exister. Le modèle change. Au début des années 2000, Surf Session, le groupe de presse que j’ai fondé, c’était 17 salariés, on appartenait au groupe Sud-Ouest, on produisait 55 magazines par an. Et puis tout s’est effondré. Mais le surfeur est quelqu’un qui sait aller chercher des vagues ailleurs, qui sait s’adapter. 

 

 

 

J’ai fait ce film en hommage à Gilles Deleuze qui a été un maître pour moi en philosophie. Avec cette chanson de Rodolphe Burger, je nage. Le surf, l’amour, vous savez bien que c'est un étrange moment….

 

 

 

 

Pierre Boucaud
 
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