Résumé
Les TechShop, ateliers lancés par Leroy Merlin sont des makerspaces collaboratifs où plus de 150 machines (CNC, imprimantes 3D, soudure, découpe métal, etc.) sont mises à disposition du public, du débutant à l’expert, avec un accompagnement par des professionnels. Né de l’inspiration des fablabs américains, le réseau français a compté trois sites (Lille, Ivry‑sur‑Seine, Paris) dont seul Lille repris par une université reste actif. Au-delà de l’accès à la technologie, ces makerspaces sont des espaces qui favorisent créativité, apprentissage, économie circulaire et innovation locale, laissant un héritage qui se poursuit dans d’autres fablabs et ateliers collaboratifs.
Vous avez toujours eu envie de donner vie à vos idées, de fabriquer un objet de vos mains ou de réparer ce que vous pensiez irrécupérable ? Peut-être avez-vous déjà entendu parler des TechShop, ateliers de Leroy Merlin, ces espaces uniques où bricoleurs, créateurs et curieux se retrouvent pour apprendre, inventer et réaliser. Ces lieux, imaginés par la marque, s’inscrivent dans une tendance du faire soi-même mais poussée à un niveau supérieur : celui de la création assistée par la technologie. Ici, pas question de bricoler dans son garage avec un marteau et des clous. On parle de machines numériques, de prototypage, de communauté et d’innovation. Alors, qu’est-ce qu’un makerspace ? Et comment les ateliers Techshop de Leroy Merlin ont-ils marqué le paysage du bricolage en France ? On fait le point.
Qu’est-ce qu’un TechShop ?
Un TechShop n’est pas simplement un local rempli d’outils. C’est un véritable espace collaboratif, pensé pour accueillir aussi bien les débutants que les experts en conception. Imaginé par Leroy Merlin en s’inspirant des modèles américains, ce concept s’est rapidement développé en France comme une réponse concrète à l’envie de fabriquer soi-même.
À l’intérieur, vous ne comptez pas les machines : plus de 150 sont disponibles pour transformer vos idées en objets réels. Bois, métal, électronique, impression 3D… tout y passe. Mais ce n’est pas qu’une question de matériel. L’idée, c’est aussi de créer une communauté où l’on partage, où l’on apprend, où l’on crée ensemble.
Un héritage du mouvement maker et des fablabs
Le TechShop ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans un courant plus large : celui du makerspace. En clair, des lieux où l’on fabrique, on expérimente, on bidouille. Ce mouvement, né aux États-Unis avec les hackerspaces, a trouvé un écho particulier en France.
Tout a commencé en 2009 à Toulouse avec Artilect, l’un des premiers fablabs du pays. Depuis, le mouvement n’a cessé de grandir. Aujourd’hui, la France figure parmi les pays les plus denses en fablabs par habitant. Un signe fort de l’engouement pour l’autoproduction et la réparation.
Des lieux comme SquareGoLab à Perpignan, Faclab à Gennevilliers ou encore Archilect à Toulouse montrent bien une diversité de projets. Que vous soyez designer, étudiant ou simple bricoleur du dimanche, il y a forcément un atelier pensé pour vous.
Des espaces accessibles à tous les niveaux
Le grand avantage des ateliers TechShop ? Ils ne sont pas réservés aux ingénieurs ou aux professionnels. Que vous soyez novice ou confirmé, vous pouvez y entrer, apprendre et créer. L’accès est possible de deux façons : en tant qu’utilisateur ponctuel ou en devenant abonné régulier.
Et ce n’est pas du vent : plus de 4 000 personnes ont déjà été formées aux logiciels et aux machines sur les différents sites français. Un chiffre qui montre à quel point ces lieux ont su toucher un large public.
Le tout est encadré par des professionnels, présents pour guider, conseiller et aider à concrétiser vos projets. Pas de pression, juste de l’envie de faire.
Quels équipements trouve-t-on dans un TechShop ?
Si vous vous demandez ce qui rend ces ateliers si spéciaux, la réponse se trouve dans leur parc de machines. On ne parle pas ici de tournevis ou de perceuses basiques, mais de véritables outils de fabrication professionnels, accessibles à tous.
Voici un aperçu des équipements qui vous attendaient dans un TechShop :
- Travail du bois : scies à ruban, ponceuses à tambour, fraiseuses CNC, scies à chantourner
- Travail du métal : machines de découpe, pliage, soudure MIG et TIG
- Électronique : atelier dédié à la soudure et à la création d’objets connectés
- Impression 3D : plusieurs imprimantes 3D et scanners 3D pour le prototypage rapide
- Impression numérique : personnalisation de textiles, stickers, panneaux, etc.
- Logiciels CAO : outils de modélisation 3D et conception assistée par ordinateur
- Bibliothèque de matériaux : accès à des bois, plastiques, métaux pour tester et expérimenter
Le tout, dans un environnement sécurisé, accompagné d’une formation à l’utilisation des machines.
| Types de machines | Usages principaux | Publics visés |
|---|---|---|
| Fraiseuses CNC, scies à chantourner | Découpe et usinage du bois | Bricoleurs, designers, artisans |
| Soudure, pliage métaux | Réparation, création de structures métalliques | Ingénieurs, étudiants, passionnés |
| Imprimantes 3D, scanners | Prototypage, création d’objets connectés | Start-ups, makers, inventeurs |
| Imprimantes numériques | Personnalisation de supports | Artistes, créateurs, entrepreneurs |
Quels sont les bienfaits de fréquenter un TechShop ?

Alors, pourquoi pousser la porte d’un TechShop ? Ce n’est pas seulement une question d’accéder à des machines. C’est aussi une démarche personnelle, sociale et même écologique.
Voici ce que ces lieux permettaient d’offrir :
- Développer sa créativité dans un environnement stimulant et bienveillant
- Apprendre à réparer ou recycler, en phase avec les principes de l’économie circulaire
- Réduire sa consommation en fabriquant soi-même ce dont on a besoin
- Rencontrer d’autres passionnés et bénéficier d’un accompagnement technique
- Accéder à des technologies de pointe qu’on ne peut pas s’offrir chez soi
- Favoriser l’innovation locale et la relocalisation de la fabrication
Ces ateliers permettent de repenser notre rapport aux objets, à la création, et même à la consommation.
Où se trouvaient les Techshops de Leroy Merlin en France ?
À son apogée, le réseau TechShop comptait trois sites en France :
- Lille : un lieu toujours vivant, repris par une université
- Ivry-sur-Seine : un espace aujourd’hui fermé
- Paris : installé au sein de Station F, fermé le 30 novembre 2020
Si les sites d’Ivry et de Paris ne sont plus opérationnels sous l’enseigne TechShop, l’expérience n’a pas disparu pour autant. Le site de Lille, repris par une université, continue d’offrir un accès aux machines et aux formations, assurant une continuité du concept lancé par Leroy Merlin.
Quel avenir pour les Techshops après la faillite américaine ?
En novembre 2017, la société américaine TechShop a déposé son bilan. Une fin brutale qui a mis fin à ses activités aux États-Unis. Mais attention : ce n’était pas la fin de l’histoire en France.
Les ateliers portés par Leroy Merlin n’étaient pas directement liés à la structure américaine. Leur fermeture progressive n’est donc pas due à cette faillite, mais à des choix stratégiques ou à des modèles économiques difficiles à pérenniser.
Pourtant, l’expérience française a laissé des traces. Des milliers de personnes ont été formées. Et surtout, elle a montré qu’il y avait un réel appétit pour ce type d’espace collaboratif. Aujourd’hui, d’autres fablabs, universités ou associations reprennent le flambeau, dans l’esprit des ateliers TechShop de Leroy Merlin.
| Événement | Date | Conséquence en France |
|---|---|---|
| Faillite de TechShop USA | Novembre 2017 | Aucun impact direct sur les sites français |
| Fermeture de Techshop Paris | 30 novembre 2020 | Fin du site dans Station F |
| Réouverture à Lille | Après 2020 | Reprise par une université |
Le modèle Techshop a peut-être connu une pause en France, mais l’élan qu’il a suscité est bien vivant. D’autres lieux, tout aussi inspirants, continuent de grandir un peu partout dans le pays.
Les ateliers TechShop de Leroy Merlin ont marqué une étape importante dans l’histoire du faire soi-même en France. Ils ont montré qu’il était possible de mettre à disposition du public des machines professionnelles, des savoir-faire et un espace d’échange. Même si les sites ne sont plus actifs aujourd’hui sous cette enseigne, leur héritage perdure.
Grâce à eux, des milliers de personnes ont appris à concevoir, à réparer, à innover. Et surtout, ils ont contribué à faire émerger une culture du partage, de la créativité et de la réutilisation des objets. Aujourd’hui, c’est à d’autres fablabs, universités ou ateliers collaboratifs de continuer ce travail. Le rêve du maker n’est pas mort. Il change simplement de forme.
